11 Février 2026
Je découvre, grâce à l’Alliance Française de Faro, une romancière portugaise contemporaine, Lídia Jorge qui est née en Algarve ! J’ignorais sa renommée puisque ses œuvres (romans, nouvelles et poésies) sont publiées dans le monde entier. Je vous propose la lecture de « Misericordia ».
Ce roman a reçu le prix Médicis du Roman étranger en 2023. C’est dire !
En 2019, Lídia Jorge avait fourni à sa propre mère un magnétophone pour qu’elle tienne le journal d’une année dans la résidence où elle vivait désormais. Ce sont donc quarante heures d’archives audio qui ont été retranscrites par l’écrivaine sous la forme d’un long monologue.
Ce livre est disponible à la Grande Bibliothèque d’Algarve en version Pdf ou en version Ebook. Contacter Anne-France Chapuis en message privé pour l’obtenir via Messenger ou WhatsApp ou en indiquant votre adresse mail à annefrance.chapuis@gmail.com
Nous sommes donc au Portugal, à l’Hôtel Paradis, nom impensable pour une maison de retraite ! Doña Alberta, la mère de la romancière, femme devenue très âgée, est venue s’y installer. Elle va enregistrer, pendant une année sur son magnétophone, son quotidien et ses pensées. Ses mains et ses jambes lâchent mais sa mémoire reste intacte et son esprit, toujours aussi vif. Elle va livrer ainsi son constat sur la vie, les hommes et les femmes qui l’entourent, le monde tel qu’il va. Elle parle de son amour pour sa fille (à qui elle prodigue bien des conseils !) mais aussi de son combat contre la « Nuit » qui rôde de plus en plus.
En chapitres indépendants, c’est donc chaque jour une nouvelle histoire dans la vie de cette vieille dame. Avec grande acuité, elle raconte les difficultés dans la gestion du personnel. Avec beaucoup d’humour, elle décrit les repas et les conversations, les amitiés mais aussi les mesquineries ou même les histoires d’amour qui peuvent se nouer entre certains résidents ! Puis ce sera la terrible arrivée du Covid.
Sans doute pour avoir moi-même vécu très récemment le même genre de situations, j’ai été profondément touchée par le récit de Lídia Jorge qui, sans être totalement biographique, s’inspire largement du témoignage de sa mère, mêlant petits riens et profondes réflexions.
« Être vivant jusqu’à la mort ». Voilà un livre fort, un très beau plaidoyer pour la résistance, l’espoir et la vie et surtout un superbe hommage de la romancière à sa mère.