12 Novembre 2025
Laurent Mauvignier vient d’obtenir le Prix Goncourt 2025 pour « La maison vide ». Voilà une vaste fresque familiale de 750 pages tout de même, mais que j’ai le plaisir de partager aussitôt car c’est de la grande littérature !
Dès les premières pages, le style littéraire de cet écrivain s’impose par des phrases très longues et un flot impressionnant de mots ! J’avoue avoir été un peu décontenancée au début de la lecture (nous n’avons plus l’habitude de ce style littéraire !), mais on se laisse prendre par ce récit visitant quatre générations d’une famille d’un village de Touraine entre 1880 et 1950.
La « maison vide » est celle du père de Mauvignier, fermée depuis de longues années après la mort de Marguerite, la grand-mère et où le narrateur, alias notre écrivain, vient y chercher une Légion d’honneur appartenant à l’arrière grand-père, Jules. De là, il va remonter le temps jusqu’à Firmin et à Marie-Ernestine. Car tout part d’une vielle photo, retrouvée dans la vieille commode, dont un des personnages a volontairement été raturé, ce qui intrigue Laurent Mauvignier et qui va le décider à se lancer dans une écriture, très imaginée, de cette fresque familiale.
Ce livre est disponible à la Grande Bibliothèque d’Algarve en version Pdf ou en version Ebook. Contacter Anne-France Chapuis en message privé pour l’obtenir via Messenger ou WhatsApp ou en indiquant votre adresse mail à annefrance.chapuis@gmail.com
Mauvignier va donc reconstruire pour nous (mais d’abord pour lui !) une sorte de puzzle à travers ses personnages aux histoires et scandales entendus ou obstinément tus, complétant les lacunes et les « trous » avec une imagination d’une grande force évocatrice. Les femmes jouent une place centrale dans ce récit car ce sont elles qui « tiennent la maison » comme c’était souvent le cas à la campagne et en temps de guerre.
Voilà une intense romance généalogique aux personnages épiques et tourmentés comme dans un roman de Zola ou de Flaubert. Cette « maison vide » semble s’inspirer d’héroïnes comme Emma Bovary.
On comprend que l’écriture est salutaire à Laurent Mauvignier car elle transforme ce roman en enquête intime, fouillant ce passé familial jonché de silences et de non-dits pour y exhumer les douleurs, les secrets, les guerres, les amours impossibles.
Voilà de la grande littérature, logiquement reconnue par ce tout récent prix Goncourt.