3 Septembre 2025
Je tiens à débuter la ‘saison’ avec le dernier ouvrage de Philippe Besson intitulé « Vous parler de mon fils ».
Voilà un roman court mais éprouvant que j’ai lu presque en apnée, la plume de cet écrivain étant si sobre mais si fine dans l’analyse.
Après s’être emparé du féminicide dans « Ceci n’est pas un fait divers » (cf. ma sélection de l’année dernière), Philippe Besson prête une nouvelle fois sa superbe plume à ceux qui souffrent en silence, impuissants face à leurs tortionnaires. Il s’agit du harcèlement scolaire.
Ce livre est disponible à la Grande Bibliothèque d’Algarve en version Pdf ou en version Ebook. Contacter Anne-France Chapuis en message privé pour l’obtenir via Messenger ou WhatsApp ou en indiquant votre adresse mail à annefrance.chapuis@gmail.com
Voilà que Vincent et sa femme Juliette doivent surmonter leur douleur pour rejoindre des centaines d’inconnus venus honorer, par une ‘marche blanche’, la mémoire d’Hugo, leur fils de quatorze ans, victime de harcèlement. Tandis que le cortège progresse silencieusement dans les rues de Saint Nazaire, Vincent dialogue avec lui-même et remonte le cours du temps.
En quatre parties bien distinctes, le père va revenir sur la genèse du drame et raconter, humiliations, injures et vexations dont son fils a été victime. Les agresseurs sont deux élèves de sa classe qui se comportent comme des caïds, sûrs de leur pouvoir.
Ces parents-là ne pourront jamais se défaire de ce sentiment de culpabilité qui les ronge.
Mais c’est surtout cet aspect de l’enfant harcelé qui me terrifie. Hugo ment parce qu’il connaît les réactions de sa mère et qu’il sait que toute intervention extérieure aggravera son cas. Hugo ment aussi à son père car, quand on est un garçon, on sait se défendre.
Philippe Besson s’attaque donc à ce phénomène de société qui se trouve désormais encore amplifié par les réseaux sociaux. Il décortique cet engrenage que subit cette famille, d’abord aveuglée, puis totalement impuissante, en passant par la bêtise des harceleurs et des témoins mais aussi par la lâcheté des institutions scolaires et judiciaires. Il interroge le rôle des parents (ceux des victimes aussi bien que ceux des bourreaux).
Je suis d’autant plus sensible à cette thématique que j’ai moi-même participé à une recherche universitaire sur les ‘violences scolaires’. Le constat est sans appel : un élève sur dix en est victime. Insoutenable lors qu’on est responsable d’un cohorte de 25 élèves!
Il nous faut donc réagir et en parler autour de nous et à nos … petits enfants.
Ce livre peut nous y aider. C’est un appel à la conscience collective