10 Décembre 2025
Voilà encore un roman autobiographique que je viens de lire en deux jours, presque en apnée… Il vient de remporter, à juste titre, le prix Fémina 2025, le Prix Goncourt des lycéens et le prix Renaudot des lycéens.
Il s’agit de « La nuit au cœur » de Nathacha Appanah
J’ignorais l’existence de cette journaliste et romancière née à l’Ile Maurice et qui a déjà écrit une douzaine de romans traduits en plusieurs langues. Son talent littéraire est indéniable.
Voilà un roman poignant qui entremêle le destin de trois femmes victimes de la violence conjugale. Nathacha Appanah raconte sa propre expérience de cette violence alors qu’elle a dû fuir l’homme avec lequel elle vécut jusqu’à ses 25 ans mais aussi l’histoire de sa cousine, tuée en 2000 par son époux à l’Ile Maurice et celle de Chahinez Daoud, brûlée vive par son mari en 2021 à Mérignac près de Bordeaux.
Ajoutée à sa propre expérience, elle va mener l’enquête pour reconstituer l’engrenage dans lequel Chahinez et Emma se sont retrouvées prises au piège. Ces drames ont donc réveillé une blessure enfouie et poussé la romancière à affronter sa propre histoire, longtemps étouffée parce que trop difficile à nommer, elle, la survivante. Elle va ainsi pouvoir décortiquer, presque cliniquement, les mécanismes de l’emprise, de l’isolement, de la peur et de la honte.
Ce livre est disponible à la Grande Bibliothèque d’Algarve en version Pdf ou en version Ebook. Contacter Anne-France Chapuis en message privé pour l’obtenir via Messenger ou WhatsApp ou en indiquant votre adresse mail à annefrance.chapuis@gmail.com
On sent que l’écriture est, pour cette romancière, un exutoire, une manière de mettre au jour la honte et la culpabilité pour enfin les déposer dans ce livre qu’elle avoue avoir mis plusieurs années à rédiger.
Voilà un livre d’une intensité bouleversante, entre récit intime, devoir de mémoire et engagement littéraire. Nous lisons beaucoup de témoignages sur le thème des violences conjugales et des féminicides (c’est d’ailleurs l’enjeu national actuel). Ici, c’est indéniablement une œuvre littéraire magistrale avec une réelle intention littéraire. Que peut la littérature face à la violence ? Jusqu’où peut-elle aller pour dire l’indicible ?
Nathacha Appanah signe ici un grand livre, certes douloureux mais qui lui est salvateur et nécessaire.
A lire absolument parce qu’il ne peut laisser indifférent.